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Ecoute, écoute dans le silence de la mer, il y a comme un balancement maudit qui vous met le coeur à l'heure ... Léo
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~Juin

  

Si j'en crois les archives, cet espace a été ouvert en 2005. C'est donc en 2009 qu'il s'achève.

Je ne sais toujours pas ce qui m'a poussée à ouvrir ce lieu. J'y laisse une part intime, une tranche de vie, habillée, parfois déshabillée. Je remercie ceux qui m'ont suivie et lue dans cette aventure et que je visite encore avec plaisir, le Gnome, Palooom, Philppe Réguillon, Jean louis, Zhana, D'art de vivre, Zorg, Rony, les soeurs Noute, Fizwiz... et tous les autres. C'était chouette, vraiment. Merci.

Je voulais un espace de liberté, ce n'est plus le cas, donc j'arrête là. Je préfère partir que d'écrire sous filtre. Voilà, bonne route.


Kath



xx°°xx

 


Quand j'étais un nain, heureux et sans chagrin,
avant les bonnes nuits ou le baiser de ma mère
j'avais l'habitude de froisser les après-midi,
pour les abriter dans mon lit de contrebande,
dans une manche de pyjama.
Je demeurais ensuite sur le seuil du rêve
en dévoilant à nouveau la carte des heures,
en ressuscitant à ma façon les cadeaux du jour
- le rendez-vous avec Charito, le but de la victoire -
avec un large sourire de paupières fermées.
Toujours dans la lumière obscure du silence.
Je me souviens aussi que j'étalais devant moi les hontes
les humiliations, les offenses, les mépris sans nombre
en sol mineur que je nommais l'oubli
L'ennui, le pire, c'est qu'aujourd'hui encore
ils n'ont pas disparu du tout et qu'à peine je les remue
ils éclaboussent ma mémoire, mes lunettes, mes poèmes...

Alberto Vega

¤¤¤'#


                                                                               


J'ai commencé à offrir en pâture comme sur un vide-grenier tout le bric-à-brac que j'avais en tête ; j'avais plus de souvenirs que si j'avais mille ans. J'ai mis au point un amphigourisme verbeux spiroïdal alimenté par la prise de boissons alcoolisées alimentant une surcharge impondérable d'obscène obésité langagière. Je suis devenu une sorte de derviche tourneur qui par la seule force centrifuge de sa bonne parole dégénérative éjectait de son corps la honte de ses origines humaines, le pus de la rancœur et l'ignoble amertume d'être né moche et pauvre. La honte. Les gens badauds rapaces prenaient indistinctement dans mon vide-grenier sacrifié la bricole en toc et le tanagra, le praxitèle ou le nain de jardin. Ils s'arrêtaient devant mon stand. Charlatan, bonimenteur, baratineur ? Même pas. Un peu camelot, certes. Mais surtout fils de famille inconnue et de culture lointaine qui dilapide son héritage patrimonial français. Il y avait dans cet héritage quelque chose que je voulais disperser. Les cendres de mon père.
Hervé PRUDON



**{B}**

                                                                                

Le point de nœud tordu inversé

Entrez l'aiguille sur l'endroit du canevas pour qu'elle sorte sur l'envers, tournez trois fois le fil autour de l'aiguille après l'avoir enroulé deux fois autour de votre index, vous pouvez utiliser également votre majeur, mais jamais le pouce qui lui vous sert à maintenir le canevas en place aidé de l'auriculaire replié, pour un nœud plus régulier , le fil ne sera pas trop tendu.

Ensuite dans le sens inverse des aiguilles d'une montre; piquez dans l'intersection de gauche horizontalement, à un point d'intervalle du premier point sous le deuxième rang, dans la case de droite. Continuez de cette façon verticalement. Ce point à l'envers est tout simplement l'envers d'un point de nœud  tordu à l'endroit.

Kath

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Peut-être ce texte finira-t-il abandonné dans le tiroir d’une commode. Imaginons que le meuble soit vendu. Le nouveau propriétaire, un négociant spécialisé dans l’import-export, découvre les pages oubliées et décide de s’en servir comme papier d’emballage pour calfeutrer un colis expédié en Afrique. Le destinataire est un blanc perdu au milieu de la brousse, qui a passé commande d’une machine à faire de la glace. Mais à la suite d’une erreur de traitement, c’est un dictaphone qu’il reçoit. Après avoir défroissé les feuilles et recomposé le texte, il s’amuse à le traduire et à l’enregistrer dans la langue de la tribu locale – une sorte de Bomongo adultéré. Quelques années plus tard, l’homme meurt, la brousse recouvre peu à peu sa case, et le manuscrit est dévoré par les fourmis rouges. Un soir de tornade, pourchassé par un jaguar, le dernier représentant de la race des Bomongos, décimée par les guerres tribales, trouve refuge dans l’ancienne case du blanc. Il tombe sur le dictaphone, le met en marche par inadvertance et écoute, dans sa propre langue, le texte des pages disparues. Conclusion : « C’est pour ce nègre que j’écris. »

D’après Jean Ferry, Le mécanicien et autres contes.